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La lutte biologique est l’utilisation d’organismes vivants ou de leurs produits pour empêcher ou réduire les pertes ou dommages causés par des organismes nuisibles aux productions végétales.
Le service du Développement rural, au travers de son unité d'Entomologie, a mis en œuvre cette technique de lutte contre différents nuisibles tels :
· l’hispine du cocotier, Brontispa longissima,
· la cochenille farineuse des Seychelles, Icerya seychellarum,
· le pou du cocotier, Aspidiotus destructor,
· le psylle du Leucaena, Heteropsylla cubana,
· l'aleurode spiralante, Aleurodicus dispersus
. Brontispa longissima
L’hispine du cocotier Brontispa longissima
Elle appartient à la famille des Chrysomelidae, ordre des Coléoptères. Recensée dès le début des années 1960, elle est aujourd'hui répandue dans toutes les îles de la Polynésie française.
Les larves sont à l'origine des dégâts en se nourrissant au dépens des jeunes folioles non ouvertes des cocotiers : elles rongent les jeunes folioles en bandes longitudinales et se déplacent à la recherche de parenchyme convenable. La palme attaquée déployée présente des traces brunâtres qui entraînent le dessèchement prématuré des folioles. La partie supérieure des cocotiers prend ainsi un aspect argenté caractéristique des dégâts de cet insecte.
Pour lutter contre ce ravageur des cocotiers, un parasite hyménoptère Tetrastichus brontispae fut introduit au début des années 1960 à Tahiti. Cet agent de lutte biologique assure depuis un contrôle satisfaisant sur les cocotiers adultes des archipels de la Société et des Marquises. Des lâchers de ce parasite sont prévues dans les atolls nouvellement infestés des Tuamotu-Gambier et des îles Australes.
Dans ce but, un local d’élevage de T. brontispae, dépendant du 4ème secteur agricole du service du développement rural, a été mis en place en 2000 sur l’atoll de Rangiroa (archipel des Tuamotu).
Icerya seychellarum
La cochenille farineuse des Seychelles était autrefois très abondante en Polynésie française et attaquait un très grand nombre de plantes. L’introduction ancienne d’une coccinelle prédatrice Rodolia cardinalis a permis de contrôler efficacement cette cochenille, voire même de l’éradiquer.
Les îles de Tubuai et de Raivavae (Australes) ont connu ces dernières années des pullulations de cette cochenille. L’introduction d’une autre espèce de coccinelle prédatrice R. pumila en 1998 et 1999 dans ces îles a entraîné la disparition totale de ce ravageur. Actuellement, c’est l’île de Fatu Hiva (Marquises) qui subit une pullulation de cette cochenille farineuse, dont les symptômes caractéristiques consistent au développement de fumagine sur les feuilles des plantes infestées.
Aspidiotus destructor
C’est un ravageur du cocotier que l’on trouve dans toute la zone tropicale, et dont l'introduction en Polynésie française est relativement ancienne puisqu’elle est déjà mentionnée en 1889. Cette cochenille plate, en forme de bouclier, transparente, de couleur gris blanchâtre, est surtout présente à la face inférieure des folioles de cocotier, mais les fruits et les inflorescences sont parfois atteints. Les feuilles présentent alors un jaunissement puis des nécroses de couleur brune. En cas d’infestation importante, l’arbre peut dépérir. Pour contrôler cet insecte, plusieurs coccinelles prédatrices furent introduites dans les années 1960 : Rhizobius satelles, Chilocorus nigritus, Cryptognatha nodiceps, Azya trinitatis et Cryptolaemus montrouzieri.
L’unité d’entomologie a introduit ces dernières années les 2 espèces de coccinelles qui semblent les mieux établies, R. satelles et C. nigritus, pour obtenir un contrôle efficace du pou du cocotier sur l’atoll de Nukutavake (Tuamotu) et sur l’île de Rimatara (Australes).
Heteropsylla cubana
Le psylle du Leucaena a été recensé pour la première fois en Polynésie française en 1986, après avoir été signalé en 1984 à Hawaii et en 1985 dans la majeure partie des îles et territoires du Pacifique Sud. Il est particulièrement présent sur les bourgeons de leucaena (communément appelé " acacia " en Polynésie française), provoquant, par la succion de la sève, un dépérissement des jeunes pousses puis de la plante. En 1987, les massifs de leucaena présents sur les montagnes de Tahiti présentaient tous un aspect sec, dû aux dégâts causés par ce psylle. La présence de la coccinelle prédatrice Olla v. nigrum a permis un contrôle efficace de ce ravageur.
Aleurodicus dispersus
La présence de l’aleurode spiralante a été décelée en Polynésie française en 1988 sur plusieurs espèces végétales comme la pomme cannelle Annona squamosa, la papaye Carica papaya, le manioc Manihot esculenta, la rose de Noël Poinsettia regia, la goyave Psidium guajava ... On reconnaît cette espèce d’aleurode (ou mouche blanche) à la manière dont sont déposés les œufs, généralement sur la face inférieure des feuilles : en effet, ceux-ci sont pondus accompagnés de dépôts, en forme de spirale irrégulière, de cire blanche flocculeuse. De lourdes infestations de mouches blanches spiralantes ne suffisent pas à tuer la plante, par la succion de la sève. Cependant, la matière flocculeuse blanche secrétée par les nymphes est rapidement propagé par le vent, créant ainsi des nuisances désagréables à la vue et même à la respiration pour les personnes vivant dans les environs. Par ailleurs, le miellat excrété par ces insectes peut servir de substrat à la fumagine, qui bloque alors la photosynthèse de la plante.
En 1990, l’unité d’entomologie a introduit, à partir d’un élevage en laboratoire de Fiji, des parasites hyménoptères Encarsia haitiensis, qui depuis assurent un contrôle satisfaisant de cet aleurode.
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Organismes nuisibles pour les plantes en Polynésie française ( 40 Ko)
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