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Discours du faatere hau frédéric RIVETA lors de la rencontre avec la filière agricole
Je tiens tout d’abord à exprimer à chacune et à chacun d’entre vous mes remerciements pour votre présence, que vous soyez représentants des filières agricoles ou personnel attaché à mes services.
Avec l’aide de mes collaborateurs, ce trio (agriculteurs, administratifs et conseillers techniques), représente pour moi la combinaison gagnante pour la mise en place de notre politique agricole, dont l’objectif principal, je le dis ici, est de tendre vers l’autosuffisance alimentaire en Polynésie française.
Qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans mes propos, j’ai la ferme volonté d’œuvrer, avec vous tous ici rassemblés, pour que nous parvenions à faire du secteur primaire le principal fournisseur de nos populations, ainsi que le principal pourvoyeur d’emplois pour nos jeunes.
Cette réunion doit être une passerelle entre vous et nous, un lieu d’échanges et de débat, où nous devons évoquer les difficultés communes à tous, aux niveaux de la production ou de la commercialisation, les soucis rencontrés sur vos exploitations, les pistes de réflexion….
Je souhaite en faire un rendez-vous trimestriel, afin que nous puissions, en temps réel, suivre les évolutions du secteur, et surtout, être suffisamment rapides et réactifs en cas de difficulté rencontrée.
Suite à notre rencontre d’aujourd’hui, qui va évoquer les problème généraux, suivront des réunions par filière, dont l’objectif est d’établir un « inventaire » des problèmes particuliers à elles afin de d’établir un diagnostic adapté, et surtout de trouver des solutions efficaces dans le but de parvenir à cette autosuffisance alimentaire qui me tient à cœur.
Afin d’alimenter le débat, nous y apporterons des chiffres, par produits, en tentant de remonter sur les 5 dernières années, et en y incluant les données de consommation et d’importation.
Je souhaite d’ailleurs aborder la question des données de consommation actualisées en 2008 par l’Institut de la consommation, dont la chef de service, Hina VAITOARE est ici présente, et je l’en remercie, chiffres qui ont provoqué chez certains d’entre vous une interrogation quant à leur bien fondé et dont vous avez pensé qu’ils seraient utilisés pour justifier l’ouverture des quotas d’importation.
Il n’en est rien.
Ne comparons plus les données de 1998 à celles de 2008. En effet, elles n’ont rien en commun, et nous ne savons pas, pour celles de 1998, qui les a produites et sur quelles méthodes elles ont été effectuées. Nous ne pouvons donc pas les comparer, et je suis d’avis de partir de l’existant pour tendre vers l’avenir et ne pas revenir sur le passé.
Les chiffres de consommation de TNS SOFRES ont été réalisés dans les foyers et dans les restaurations hors foyer. Ils nous donnent une photographie de la consommation effective de nos concitoyens. Ils sont plus élevés que nous le pensions ? Et bien, faisons-en une force !! 170 tonnes de tomates consommées alors que nous en produisons 90 ? Plantons de la tomate, et travaillons avec les circuits de distribution pour vendre cette tomate attendue par les consommateurs, mais il n’est pas question d’ouvrir les importations !
Madame Hina VAITOARE pourra répondre à vos interrogations concernant l’étude si vous le souhaitez tout à l’heure. Nous sommes là pour lever les obstacles qui nous empêcheraient d’avancer.
Vous me connaissez, et savez ma position concernant le secteur primaire. Je suis intimement persuadé que si l’on peut devenir agriculteur par hasard, on ne le reste pas par hasard. Vous qui oeuvrez au quotidien dans vos exploitations, méritez la plus grande considération.
L’agriculture a toujours été le parent pauvre de l’économie. Cela ne vous aura pas échappé, mais l’appellation de mon ministère n’est plus « agriculture » en premier lieu, mais bien Economie rurale.
Je tiens à redonner au secteur primaire tout son poids dans l’économie en général, en plus de ses lettres de noblesse.
Pour parvenir à ces objectifs, j’ai, avec mon équipe et mes services, lancé plusieurs grands projets qui seront, pour certains, très rapidement effectifs, tels que la régénération de la cocoteraie, la relance de la culture de la vanille sous ombrière, la réforme du dispositif d’aide aux agriculteurs, la réalisation d’un « marché de gros », et l’élargissement de la prise en charge du fret agricole sur la Polynésie française.
D’autres projets suivront.
Pour cela, j’ai besoin de votre mobilisation constructive, nous devons nous rassembler, travailler main dans la main, professionnels, administratifs et conseillers techniques. Tous les départements ici présents sont à votre service pour tout renseignement, toute intervention qui ira dans le sens de l’amélioration des cultures et de leurs rendements, de la rentabilité des exploitations, des problèmes de terres agricoles etc…
J’ai besoin de vous, et vous me trouverez toujours à vos côtés pour que, ensemble, nous bâtissions une Economie rurale forte et pérenne.
Pour finir, et avant de vous laisser la parole, je souhaite que chacun d’entre vous intervienne de manière démocratique et disciplinée, s’exprime en respectant l’autre, afin que personne ne monopolise cette assemblée, et surtout pour que tous puissent s’exprimer.
Frédéric RIVETA
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