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Monsieur le Directeur de la Division ressources terrestres de la Communauté du Pacifique,
Monsieur le Ministre de l’agriculture de Samoa,
Mesdames et messieurs les représentants des états et territoires du Pacifique,
Mesdames et messieurs,
IA ORA NA,
Tout d’abord laissez-moi vous adresser les plus chaleureuses salutations de notre Président du Gouvernement de la Polynésie française, Monsieur Gaston TONG SANG.
Comme les collègues qui m’ont précédé ici, je remercie tout d’abord la Communauté du Pacifique (CPS), et en particulier la DRT (direction des ressources terrestres) pour la parfaite organisation de cette conférence. Je remercie aussi les autorités de Samoa qui ont contribué activement à cette réussite, merci pour votre accueil qui vient du cœur, celui qui caractérise toutes nos populations, à tous, mauruuru maita’i.
Je suis fier d’être parmi vous à cette conférence régionale des ministres de l’agriculture et de la foresterie, c’est ma première participation pour représenter la Polynésie Française et le secteur de l’agriculture, de l’élevage et des forêts dont j’ai la charge, c’est en quelque sorte, pour moi, une ouverture vers le monde océanien.
Mon pays, la Polynésie Française, est fier d’appartenir à cette communauté, il s’est engagé depuis plusieurs années à appliquer les recommandations de la CPS, il a tout mis en œuvre pour participer à cette modernisation en actualisant par exemple sa réglementation sanitaire pour faciliter le commerce international et régional, en accueillant et sollicitant les experts de nos différents pays pour mettre en œuvre des programmes de lutte sanitaire ou pour mettre à jour les inventaires de pestes agricoles ou végétales .
Le développement économique de nos pays respectifs doit faire face aux mêmes handicaps, pourquoi ne pas alors unir nos efforts et nos expériences pour construire ensemble la communauté du Pacifique océanien de demain, et ce d’une manière durable et dans la sécurité, pour construire le monde de nos enfants et petits enfants, celui de notre jeunesse ?
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Je ne vais pas présenter mon pays, je pense que vous le connaissez déjà assez et je reste par ailleurs persuadé que c’est en le visitant, en rencontrant nos populations, que vous pourriez mieux l’évaluer, il faudra bien que dans un avenir proche, nous vous accueillions dans nos îles pour la prochaine conférence régionale des ministres, pourquoi pas après la Papouasie-Nouvelle Guinée !
Le monde rural polynésien représente environ 30 000 actifs soit environ 12 % de la population totale de Polynésie française (260 000 habitants). Plus de 6 200 agriculteurs sont inscrits au registre de l’agriculture.
La production agricole finale représente plus de 17 milliards de F.CFP.
Nous sommes aujourd’hui particulièrement dépendant des produits agricoles et agroalimentaires importés, c’est une tendance à renverser dans le climat actuel de crise économique mondiale.
Je dois aussi dire que les temps sont durs pour tous, l’impact de l’augmentation de tous les prix est une préoccupation majeure de nos instances dirigeantes, il faut maintenir ou améliorer le niveau du revenu familial, absorber la demande d’emploi des jeunes qui sont de mieux en mieux formés mais qui, hélas, ne sont pas du tout attirés par les métiers de la terre.
7000 jeunes arrivent chaque année sur le marché de Tahiti, nous pouvons estimer près de 15 000 demandeurs d’emploi non satisfaits aujourd’hui. Le secteur de la pêche hauturière connaît des difficultés, les thoniers restent mouillés dans les ports, on ne sait plus trop où se trouve le poisson, une conséquence probable du bouleversement climatique que nous vivons… la production perlière connaît aussi des difficultés avec la chute des cours et, il faut le dire, la concurrence étrangère…
Pour ma part, avec mon expérience d’îlien (je suis en effet un élu des îles Australes, situées au sud de Tahiti), j’ai proposé de mettre tout en œuvre dès 2009 pour reconquérir le marché local polynésien, il me faut promouvoir nos produits de toutes les îles, les produits vivriers mais aussi les produits issus des cultures tempérées comme les pomme de terre que nous cultivons avec succès dans nos îles du Sud. Manger local, c’est déjà reconnaître notre identité et notre spécificité polynésienne, c’est marquer notre solidarité avec la terre.
La société de consommation moderne a fait perdre à notre jeunesse l’accès à nos produits locaux, combien de jeunes de Papeete savent encore cuire un uru (fruit de l’arbre à pain) ? Le développement d’une culture citadine ne permet plus aux familles de disposer d’un jardin, c’est le marché ou le supermarché qui y pourvoient aujourd’hui.
Le développement économique de nos régions nécessite une bonne entente entre nos producteurs et les commerçants, une rencontre de professionnels s’impose, chacun devant pouvoir tirer un honnête profit de son labeur.
Comme proposé par des pays bailleurs de fonds, il faut que les pouvoirs publics s’engagent plus en faveur du secteur primaire, en particulier de l’agriculture, de l’élevage et de la production forestière.
Il est vrai que les investissements réalisés jusqu’à ce jour n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés, il nous faut en faire l’état des lieux et tirer les leçons des échecs ou insuffisances.
J’ai proposé au gouvernement la création d’un organisme spécialisé dans la mise en marché de la production locale, une centrale d’achat installée à Papeete qui permettra de regrouper les petites productions pour mieux satisfaire la demande des commerçants : ceux-ci recherchent une quantité régulière d’une marchandise de qualité conforme à ce que les pays étrangers peuvent apporter pour répondre au besoin du marché, nous pouvons produire plus et de meilleure qualité.
L’introduction et la propagation de pestes menacent sans cesse les investissements des producteurs lorsque ce ne sont pas les aléas climatiques souvent très destructeurs. La protection sanitaire doit demeurer une priorité.
La Chambre d’agriculture et les organisations professionnelles qui ne parviennent pas à jouer pleinement leur rôle face aux besoins des agriculteurs et éleveurs, sollicitent le Gouvernement pour un soutien accru aux outils de production locale.
Je voudrai m’appuyer sur l’expertise des ministères de l’agriculture de la région pour diversifier la gamme des produits tropicaux à développer, tant en horticulture fruitière et légumière, qu’en produits vivriers ou en production animale. Je suis sûr que les résultats constatés aux Samoa, à Fiji ou au Vanuatu pourront être obtenus dans notre contrée, des plantes ou des animaux mieux acclimatés et résistants aux maladies ne pourront que contribuer à l’amélioration des rendements des exploitations et donc du revenu des populations rurales.
Je fais d’ailleurs la démarche de me rapprocher des pays francophones de notre région pour nouer des liens plus étroits et plus efficaces et pour commencer, après cette visite à Samoa, je me rendrai prochainement en Nouvelle Calédonie dans ce but. A travers la CPS, je crois que nos rencontres ne pourraient qu’être très fructueuses.
Quand les conditions sont réunies, les agriculteurs océaniens sont toujours en mesure d’intensifier leur production. Il faut seulement assurer la pérennité de l’écoulement de leur produits.
Comment permettre aux agriculteurs de développer leur production ?
Notre service public vient de changer de plan de gestion comptable, nous devons aujourd’hui pratiquer une économie de résultat, nous chercherons donc à promouvoir l’efficacité des actions, ceci dans un esprit de communication entre les différents partenaires économiques mais aussi de confiance pour la construction du monde de demain.
Le service du développement rural doit donc accompagner ces actions d’une manière très réactive en développant les outils d’aides à la décision qu’il a élaboré : mise à jour du Système d’Information Géographique (SIG) pour la gestion des terres agricoles et l’assistance aux communes pour l’élaboration des plans généraux d’aménagement, production de bases de données qui permettent le suivi de l’évolution économique (recensement agricole, études des marchés, statistiques agricoles fiables…).
L’outil informatique doit se développer au travers d’une coopération avec un organisme national de développement (CNASEA) pour une meilleure gestion des professionnels agricoles et des dispositifs d’aides. L’utilisation d’Internet se vulgarise aujourd’hui et nos stations éloignées peuvent (pour la plupart) aujourd’hui accéder à l’information dans des délais rapides. Le SDR vient de mettre en ligne son site Internet de biosécurité, nouvel outil d’assistance et d’information pour les agents de l’administration mais aussi tous les usagers de Polynésie et du monde entier, ceci, en partie grâce à l’assistance de la CPS.
Un projet précieux pour la filière concerne la mise en place d’un centre d’aide à la gestion des entreprises agricoles, outil devenu indispensable pour aider les jeunes entreprises à atteindre rapidement l’auto gestion de leur projets de développement.
J’arrête là mon exposé et j’espère que par ces quelques mots, vous aurez compris les motivations qui m’animent. Notre présence parmi vous aujourd’hui témoigne de ma volonté de soutenir, au sein du gouvernement polynésien, le développement rural.
Que cette deuxième conférence des ministres de l’agriculture et de la foresterie soit le forum du progrès dans le respect de nos identités et de la culture océanienne que bien des pays du monde nous envient.
Merci pour votre attention, maururu maita`i
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