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Les maladies animales en Polynésie française

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Les maladies animales en Polynésie française


L'élevage des animaux domestiques est une composante non négligeable du secteur agricole, puisque les produits animaux représentent environ le cinquième de la production agricole finale de la Polynésie Française pour une valeur de 3,480 milliards en 2004.

La première production du Pays reste celle des œufs soit 3.402.900 douzaines en 2004 couvrant à 100% les besoins locaux.  Les élevages bovins et porcins ont produit 1.292 tonnes de viandes en 2004, soit 5% des besoins locaux. La production laitière s'élève à 12.393 hectolitres en 2004, soit 18% des besoins locaux.

L’insularité a permis à la Polynésie Française de bénéficier d’une situation sanitaire privilégiée, l'épargnant des maladies infectieuses majeures. Cependant, le Département du Développement de l'Elevage du Service du Développement Rural ne disposait que de données qualitatives fragmentaires sur la situation épidémiologique vis a vis des principales maladies des animaux de rente capables d’entraîner des pertes de production sensibles ou de présenter un danger pour la santé publique (zoonoses).

La maîtrise de la santé des animaux étant un des éléments de base de la réussite de l'élevage, le Gouvernement a financé à hauteur de 18 millions de F CFP, une enquête zoo-sanitaire en collaboration avec l’Etat, dans le cadre du premier volet du Contrat de Développement. Son but était, à partir d'une meilleur connaissance des affections qui frappent le cheptel de permettre aux autorités vétérinaires, en accord avec les professionnels :

- d’instaurer les mesures de prophylaxie indispensables pour contrôler, voire éradiquer les maladies les plus importantes du point de vue médical ou économique,

- de réviser la réglementation en matière d'importation d'animaux vivants et de déterminer dans la mesure du possible le statut sanitaire des îles afin d’adapter la police sanitaire inter insulaire.

Pour sa réalisation, il a été fait appel à l’expertise du CIRAD-EMVT pour la rédaction du protocole d’étude et l’exécution de certaines analyses. Le service du développement rural a participé par la mise à disposition de techniciens, de locaux, de matériel scientifique pour la réalisation des prélèvements et leur conditionnement et pour le traitement et la mise en forme des données recueillies.

L'enquête a intéressé essentiellement les porcs, les volailles, les bœufs et pour une très faible part, les petits ruminants (moutons et chèvres) dans les archipels des Iles du vent (Tahiti, Moorea), des Iles sous le vent (Raiatea, Tahaa, Huahine), des Marquises (Hiva Oa, Nuku Hiva, Ua Pou) et des Australes (Tubuai, Rurutu, Rapa).

Elle a concerné les principales maladies infectieuses connues ou soupçonnées capables d'entraîner des pertes de production sensibles ou de présenter un danger pour la santé publique :

- 6 maladies chez les porcs : peste porcine, maladie d'Aujeszky, grippe, parvovirose, brucellose et leptospirose:

- 10 maladies chez les volailles : influenza aviaire, maladie de Newcastle, encéphalite aviaire, bronchite infectieuse, rhinotracheite infectieuse (RTI/SIGT), maladie de Gumboro, syndrome chute de ponte (EDS76), pullorose, chlamydiose et mycoplasmose;

- 7 maladies chez les bovins : leucose enzootique bovine, maladie des muqueuses, rhinotracheite infectieuse bovine, brucellose, leptospirose, babésiose et anaplasmose; - 5 maladies chez les petits ruminants: brucellose, fièvre Q, CAEV, chlamydiose et mycoplasmose.

Elle a reposé sur l'étude sérologique, d'un échantillon d'animaux choisis à partir de différents critères épidémiologiques pour que le sondage puisse être considéré comme représentatif en fonction du type d'élevage (industriel ou familial pour les porcins et les volailles, élevage laitier ou à viande pour les bovins), de la taille des troupeaux et des catégories d'animaux (âge).

Les résultats permettent de qualifier la Polynésie Française comme indemne de peste porcine classique, de grippe porcine à virus H3N2, d’influenza aviaire hautement pathogène, de chlamydiose aviaire, de pullorose, d’EDS76, de brucellose bovine, de CAEV et de mycoplasmoses des petits ruminants.

Globalement, Tahiti, qui est l’île ayant la population animale la plus importante, est aussi la plus contaminée par les différentes maladies étudiées. Des mesures permettant une restriction des circulations d’animaux à partit de Tahiti vers les îles doivent donc être mises en place afin de contrôler l’état de santé des animaux qui sont expédiés et éviter la diffusion des maladies animales. Il existe déjà un contrôle pour les parasites externes qui s'est montré efficace pour contenir l'extension de la babésiose bovine, qui pourrait servir de base à ces nouvelles dispositions.

L’enquête zoo-sanitaire a aussi mis en évidence certaines maladies qui doivent être traitées de façon prioritaire au sein de chaque espèce du fait de leur importance économique ou hygiénique. L’opportunité de la mise en place de plans de lutte et leurs modalités doivent faire l’objet de discussions entre les pouvoirs publics et les acteurs des filières concernées

Lutte contre les maladies des porcins

Dès que les premiers résultats ont été connus en 1997, la maladie d’Aujeszky a fait l'objet de la mise en place d'une réglementation spécifique visant à son éradication et les élevages de Tahiti et Moorea ont été dépistés sur une base exhaustive, ce qui a conduit à des mesures d'éradication. La surveillance du cheptel, aujourd'hui indemne, se poursuit aux îles du vent.

Lutte contre les maladies des volailles

L'absence de certaines maladies graves a été prise en compte dans la réglementation à l'importation. La maladie de Newcastle (ou pseudo peste aviaire) circule à bas bruit dans le cheptel polynésien sous la forme d'une souche virale qui doit être identifiée. L'encéphalomyélite, la bronchite infectieuse, les mycoplasmoses et la maladie de Gumboro sont très largement présentes et font pour certaines déjà l’objet de mesures préventives telles que la vaccination.

Lutte contre les zoonoses

- Brucellose : chez le porc, la maladie est largement présente et constitue un manque à gagner pour les éleveurs ainsi qu’un risque pour la santé humaine des personnes de la filière (éleveurs, ouvriers d’abattoir, vétérinaires). Des mesures doivent être prises afin d’éviter la propagation de la maladie et d’assainir progressivement le cheptel porcin polynésien.

- Leptospirose : la maladie est largement répandue. Les mesures de lutte en ce qui concerne la santé animale sont essentiellement hygiéniques avec la limitation des populations de rongeurs dans les exploitations. En ce qui concerne la santé humaine, il s’agit d’informer les éleveurs et d’encourager le port de bottes. Le traitement des effluents d’élevage en proscrivant tout rejet direct dans les rivières et eaux de baignade est capital pour la protection de la population.

Une délibération définissant les modalités de lutte contre les maladies animales est en cours d'élaboration pour 2006. Elle inclura la déclaration obligatoire des maladies graves du point de vue économique et des zoonoses ainsi que les modalités d'indemnisation des éleveurs contraints à l'élimination de leur cheptel et permettra de mettre en place règlementairement les mesures adaptées à l'abattoir de Papara.

 

 - En téléchargement, une note de la DGAL sur la brucellose porcine  du 30.01.2006( 49.1 Ko)  - pour mémoire, le biovar 1 a été isolé à Tahiti -

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